La trouille

C’était un week end comme je n’en ai pas passé depuis plusieurs années : le week end chez mémé. Mémé dont la joie de nous voir est mesurable par la quantité d’aliments qu’elle essaie de nous faire ingurgiter. On a l’honneur d’avoir la chambre rose : ambiance érotique garantie… Crucifix au dessus du lit, la vierge Marie sur la commode, et la photo des aïeux qui contemplent leur petite fille et sa femme s’installer dans le lit aux coussins Rambo pour moi, Tintin pour elle…
Et au milieu de tout ça il y a petit Pierre. Pierre qui ne cesse de réclamer notre attention, qu’il faut occuper pendant les trajets, se creuser la tête pour trouver des jeux à chaque minute d'inactivité, qui veut préparer les repas avec nous, qui saborde les petits calins du dimanche matin pour regarder les dessins animés dans notre lit. Pierre, qui lorsque nous nous baladons main dans la main, met sa petite tête entre nos jambes en déclarant «on est liés tous les trois ». C’est mignon et on adoré ce week end avec bout de chou. Mais j’avoue que sur le chemin du retour on a quand même fait un constat idiot : en se lançant dans l’aventure bébé, on ne sera plus jamais deux. Je ne sais pas si ça vient de notre côté fusionnel, mais ce côté irréversible de ce projet, se retrouver à trois voir plus du fait de la fiv, nous fait encore un peu flipper. Alors que nous avons trouvé la clinique qui accepte de nous suivre, le medecin etc… je crois malgré tout qu’on va attendre un tout petit peu…