De l'incompatibilté de la vie de placard et de la promenade canine
Fallait s'en douter aussi, que j'allais plus facilement me faire "griller" si on peut dire, depuis que j'ai un chien. Bah oui, quoi, tous les jours je vais chercher ma chérie au boulot, en plein centre ville de Marcel City, et j'en profite pour promener le chien... Bon d'accord, soyons honnêtes : tous les jours je vais promener le chien, en plein centre ville de Marcel City, et j'en profite pour aller chercher ma chérie au boulot. Oui là c'est plus proche de la réalité. Avant d'avoir un chien, je faisais ma feignasse, et je n'allais pas chercher ma chérie au boulot le soir. Au mien (de boulot), ils se doutaient tous de quelque chose, c'est évident, aucun mec, aucune histoire de cul en 6 ans de boîte, aucune info sur ma vie privée, aucune gaffe, rien. [Là je fais une apparté : quand même quelle grande comédienne je fais, pas vrai, 6 ans de taf dans la même boite, dans un milieu presque exclusivement féminin, où ragots et potins sont rois, quelle reine de la discrétion, quelle extraordinaire maîtrise de soi, quelle abnégation, quel self contrôle, quelle efficacité dans l'effort, quelle... euh, excusez-moi je m'égare... ] Bref ils avaient - ou plutôt ELLES avaient des doutes, des gros même, une fois y en a une qui m'a carrément posé la question, t'as un copain ? - Non. Une copine ? - Non. Bah oui, quoi, je suis chef, c'est déjà assez galère comme ça de devoir gérer 20 personnes qu'ont pas envie de bosser, si en plus je me mets à dos les homophobes, putain je vais me tirer une balle en allant bosser, sans compter que je fais une différence entre la ville et la scène... Sauf que maintenant j'ai un chien. Et avec ce chien je vais chercher ma chérie. Du coup je croise plein de monde du boulot (le mien) en allant chercher ma chérie au boulot (le sien). Et pour couronner le tout, y en a même une qui m'a croisée dans un magasin de ... literie. Avec ma chérie évidemment. Alors c'est drole parceque du coup elles essaient de me faire parler. Celle du magasin de literie m'a dit "je t'ai croisée à **** lundi, alors t'as trouvé ton bonheur ? " Moi, stoïque : "non". N'allez pas croire que je ne sais que dire non, mais bon presque quand même... Et jeudi dernier, la pire des filles que j'ai à gérer, la plus pipelette, potins à gogo, le genre de nana que tu lui dit un truc et ça fait le tour de la boite en 5 minutes, et culottée avec ça, elle me dit : "tiens je t'ai vu en ville, vendredi ou samedi, t'étais avec ton amie (<< là je raye parceque ce qu'il y a de drole à l'oral c'est que ça ne veut rien dire, vu que masculin et féminin c'est pareil), tu promenais ton chien." Et moi d'enchainer : "bah j'y suis tout le temps en ville, et puis j'habite à 15 minutes du centre ville donc mon chien je le sors souvent en ville". Et de repartir à mon bureau . J'aime bien laisser planer le mystère parceque outre le fait que ça ne les regarde pas, ça les emmerde royalement de pas être sûres, de pas avoir LA preuve irréfutable, LA confirmation de l'interessée. ça vraiment j'adore, c'est mon kiff en ce moment, au boulot (le mien, suivez un peu bordel !). Je parle au pluriel, je dis des "nous" à toutes les phrases, et j'observe... Bah quoi faut bien s'occuper, le taf c'est la mort... Moralité : un chien ça vous "oute" en deux temps trois mouvements.
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