Du bon usage de l'ennui...
En ce moment faut dire ce qui est, crise oblige on se fait chier comme des rats morts. Bien sur, il y a les dizaines de CV et de coups de fils à passer à peine un oeil ouvert le matin. Et puis aussi, il y a le blues post retour qui nous guette habituellement et vient en mettre une couche par dessus.
Nous sommes globes trotteuses à l'extrême. On pourrait se contenter d'acheter de l'artisanat Thaïlandais par exemple. Ben non! nous on est allé en pirogue dormir avec la tribu et manger des sauterelles grillées. Cela peut vite engendrer de se sentir déconnectées de la réalité et le retour en France est souvent rude.
Passé l'émerveillement de voir de l'eau chaude couler de nos robinets, de notre nourriture occidentale et de quelques nuits sur un vrai matelas confortable, la vie réelle nous parait alors bien fade. Surtout après un retour d'un pays comme l'Inde ou la vie et la mort sont étrangement liées et nous ont retourné le cerveau.
Prendre chaque journée comme un défi à relever me manque. Que va-til se passer? Comment aller d'un point A au point B? logées en suspension dans un train, en vélo pousse, en cyclo pousse, en charette, dans un bus défoncé sans porte ni fenêtres? Allons nous trouver un logement? où? dans un désert? une famille? une guest house?
Souvent quand je ferme les yeux (ou que je vois les petites taches blanches sur le front de ma femme brulé par le désert de sel Bolivien) je vois des saris multicolores, des femmes battant le linges au bord du Gange, une lagune multicolore...
Et je me dis que s'il continu de ne rien se passer en ce moment...
Soudain ma femme soupire de découragement devant son ordinateur et me regarde : "Chérie, quand est ce qu'on repart?"
laguna colorada, Bolivie près de la frontière Chilienne
Publicité